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« Je m’appelle Maxime Blain. Vous ne vous souvenez sans doute pas de moi, mais nous nous sommes croisés, il y a longtemps. Dans le laboratoire de votre père. Vous étiez âgée de trois ou quatre ans environ et moi de vingt-cinq ans à peine. Je faisais mon premier stage chez votre père. Jamais, en vingt ans de carrière, je n’ai rencontré un homme comme lui. Un pur génie, vous savez. »

Une fois arrivés sur l’un des ponts qui enjambent la Seine, l’homme du musée rompt le silence. Il a besoin de parler. Sa voix est plus calme. Le choc passé, il me regarde désormais avec bienveillance.

— J’étais à ses côtés à la fin, pour son dernier parfum.
Il ne pensait plus qu’à ça, ne vivait que pour ce projet.
Votre mère ne l’a pas supporté, je crois, et elle est partie. Mais personne ne l’aurait supporté. Sauf moi peut-être, ­j’admirais tellement Yves. Je n’ai pas compris… pourquoi ce parfum n’a jamais vu le jour ? Nous aurions pu révolutionner le marché.
— Qu’avait-il de spécial ?
— Yves ne vous a jamais expliqué ? C’est tout lui… Il avait imaginé un parfum personnalisable. À chacun sa fragrance, unique, adaptée à votre humeur, à votre caractère. Vous achetiez un parfum puis une série de senteurs complémentaires pour créer finalement la vôtre. C’était une intuition fantastique. Mais, Yves a tout abandonné d’un coup. Et il a disparu avec vous et votre mère, loin de la Provence. Sans la moindre explication.

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Des images de cette époque remontent à mon esprit par vagues confuses, comme un liquide qui s’évapore. Je revois notre déménagement précipité, la nouvelle maison, plus petite, les soirées silencieuses avec mes parents puis, plus tard, seule avec mon père… L’espace de quelques secondes, je me demande si ce Blain ne pourrait pas être Langley. Mais à quoi pourraient bien le mener tous ces mystères ?
— Vous connaissez Charles Langley ?
— Non, pas plus que vous, répond Maxime Blain en jouant avec sa chevalière. Jamais entendu ce nom avant de trouver un mot dans ma boîte aux lettres avec sa carte de visite. Il m’a fixé rendez-vous dans le café où vous m’avez croisé hier, puis devant la toile préférée de votre père, cela m’a intrigué. Et puis, j’avais trop de travail, c’était l’occasion de faire une pause.
— Vous êtes toujours dans le parfum ?
— Oui, toujours à Grasse. Je ne sais pas faire autre chose, Eva, dit-il en souriant. Mais l’époque est difficile, et je n’ai pas le génie de votre père.

Sans connaître Maxime Blain, je comprends ce qui a plu à mon père : sa franchise. On ne peut pas l’imaginer mentir. Il ne peut pas être Langley. Maxime enchaîne en me parlant de ses parfums, des difficultés de son entreprise.
— Je ne vais pas vous embêter plus longtemps, vous avez sans doute mieux à faire. Il faut que je rentre à mon hôtel. Je repars tôt demain matin et j’ai encore de la comptabilité à faire, des documents à envoyer, des prestataires à payer avec l’application mobile Banque Populaire.

Maxime Blain rajuste son col et me tend la main. J’hésite à la serrer, à dire au revoir à l’un des rares liens qui me relie encore à mon père. Il fait quelques pas en direction du quai puis s’immobilise et revient dans ma direction.
— Langley a voulu nous réunir. Vous savez pourquoi ?
— Non, pas du tout.

De nouveau, Maxime touche nerveusement sa cheva­lière.
— Il n’en restera pas là, Eva.

Les services & solutions du Groupe BPCE dans ce chapitre
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